Plus de 125 morts, près de 400 blessés dont 90
dans un état critique…
Au moins 3 équipes de 3 terroristes, un mode opératoire inédit en France
(Kamikaze) et des assaillants, pour la plupart, français nés en France...
Apres le temps du choc et de l’émotion, puis du deuil, quelle suite donner à
une telle déflagration que tout le monde redoutait ?
Des éléments de réponse pourraient s’articuler autour des axes suivants.
Mener une guerre totale :
Le Président en décrétant l’état d’urgence, reconnait que notre pays est en
guerre. Pour lutter efficacement dans cette situation exceptionnelle, l’Etat se
donne donc des moyens légaux renforcés pour assurer la sécurité des Français.
Comme l’évoquait Ludendorff « la guerre doit être totale (économique,
psychologique, idéologique, subversive, politique, diplomatique...) et doit
mobiliser toutes les réserves de l’Etat ».
Prendre nos responsabilités et s’engager individuellement :
Ce qui change avec les attentats du 13 novembre, c’est que désormais chacun de
nous est une cible par le seul fait d’appartenir à la Nation Française ou de
résider sur son sol. Nous sommes donc tous impliqués dans cette « guerre totale
», dans cette lutte globale. Nous ne pouvons céder sur aucun de ces aspects,
nous ne pouvons pas nous permettre la moindre concession ni perdre le moindre
pouce de terrain.
Chaque citoyen français doit adopter une démarche responsable et contribuer à «
l’effort de guerre » qui n’est plus la seule affaire des militaires ou des
policiers. Il s’agit pour chacun, d’opérer une véritable révolution
intellectuelle et un changement de posture. Les médias, les intellectuels et
les dirigeants doivent prendre leur part de responsabilité en refusant toute
complaisance avec ceux que nous avons désignés comme nos ennemis.
Désigner l’ennemi :
Il va donc falloir nommer clairement cet ennemi, le désigner, afin de pouvoir
l’éliminer. Devant le congrès des maires de France le 18 novembre, et pour la
première fois, le Président de la République a parlé de « djihadisme islamiste
» regroupé au sein d’une « armée » présente du Levant à l’Afrique du Nord et
désormais sur notre territoire la France.
Une guerre asymétrique sur 2 fronts :
Aujourd’hui, notre pays va devoir mener une guerre asymétrique sur deux fronts.
Un front extérieur multiple représenté par les OPEX (opérations extérieures) ;
et un front intérieur en métropole les OPINT (opération Intérieure «sentinelle
») face à des terroristes dont il ne faut pas sous estimer la puissance et la
détermination (cf. les arrestations du 16 novembre , et l’assaut du 18 novembre
en Seine Saint Denis).
L’Etat doit protéger notre pays à l’extérieur, c’est le rôle des forces armées,
et protéger notre pays de l’intérieure, c’est le rôle des forces de police et
de gendarmerie. Devant l’ampleur des moyens à mettre en œuvre il faut augmenter
nos capacités humaines en envisageant, soit le rappel de réservistes
opérationnels, soit la création, comme le propose le Président de la
République, d’une Garde Nationale afin de venir en appui aux forces de police.
Changer de posture de combat
De tels moyens permettraient de dégager des effectifs afin de reprendre
l’initiative pour imposer une guerre de mouvement à l’ennemi. En effet,
celui-ci nous a piégé dans une guerre statique, de position, que nous devons au
plus vite abandonner.
Comme le préconisait Sun Tzun dans son « Art de la Guerre », les islamistes
nous ont emmenés sur leur terrain nous rendant ainsi plus vulnérables.
L’opération Sentinelle de maintien de l’ordre devant les sites sensibles,
épuise nos ressources et incite nos ennemis à se reporter vers des cibles moins
protégées comme des salles de concert ou des stades de foot... Vigipirate ne
sert à rien, «c’est de la communication de sécurité publique»
Combattre le mal à la racine en France et envisager une intervention au sol
Il convient donc de reprendre l’initiative en imposant une dynamique de
mouvement à nos ennemis pour les obliger à « sortir du bois » en France et à
l’étranger.
Nous devons leur imposer notre tempo. Pour cela, il va falloir mener deux
actions.
Une action « extérieure », par une intervention au sol dans le cadre d’une «
coalition » internationale avec les Russes, les Iraniens, les Européens, les
pays Arabes et les Américains.
Une action « intérieure » d’envergure visant à pénétrer dans dans les «
territoires perdus de la République » car c’est là que se finance le terrorisme
islamiste par l’économie parallèle du trafic de drogue, du commerce des armes
et du crime organisé.
C’est aussi dans ces quartiers qu’opèrent en toute discrétion à l’ombre des
lieux de culte, les manipulateurs, véritables « sergent-recruteurs » de Daesh.
Paradoxalement c’est l’action intérieure qui sera la plus longue et la plus
difficile à mettre en œuvre et qui demandera le plus de moyens. Mais c’est la
seule qui nous permettra de retrouver une bulle de sécurité intérieure. Dans
cette « guerre totale », certains modes opératoires et organisationnels ont
fait leur preuve par le passé. Il convient de s’en inspirer tout en limitant
les atteintes aux libertés individuelles dans les circonstances que nous
connaissons.
Entre Liberté et sécurité… l’équilibre est fragile, il conviendra de faire des
concessions. Le sujet est au cœur du débat qui secoue l’opinion publique
française.
Se réapproprier les concepts de contre-insurrection et d’action
psychologique :
Les modes opératoires de la « contre-insurrection » et la « contre-influence »,
passent par l’action psychologique et le renseignement.
Ces concepts utilisés dés la Guerre d’Indochine et théorisés par des officiers
français tels le Général Gambiez, les Colonels Lacheroy, Trinquier, Galula …
sont à l’origine d’une « instruction provisoire sur l’emploi de l’arme
psychologique » qui mise en œuvre par le biais du « 5ème bureau d’action
psychologique » a permis à la France, des succès significatifs pendant la
guerre d’Algérie épargnant ainsi de nombreuses vies humaines.
Condamner les complaisances, criminaliser le salafisme :
Nous devons réapprendre à créer des réseaux, des filières d’informateurs afin
de débusquer cet ennemi intérieur. Sans quoi il refrappera inéluctablement. A ce
titre, dans ce contexte de guerre asymétrique, les complaisances coupables
d’une partie de nos « élites intellectuelles » doivent désormais être très
fermement condamnées et le prosélytisme salafiste criminalisé.
Se doter d’un « Patriot Act » pour la France :
Enfin si l’on veut conserver notre mode de vie, il va falloir modifier notre
comportement et peut-être conviendrait-il enfin, d’envisager un véritable «
Pacte patriotique» français dont l’Etat d’urgence n’est d’ailleurs qu’une
version à durée déterminée.
David HORNUS
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