L’humanitaire française Sophie Pétronin a été enlevée le 24 décembre 2016 dans le nord du Mali. Cette femme de 71 ans dirigeait alors une ONG venant en aide aux orphelins, depuis une vingtaine d’années. Ses kidnappeurs, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) n’a revendiqué le kidnapping que six mois plus tard, dans une vidéo où l’on voit la française aux côtés de cinq autres otages. L’humanitaire n’a été libérée que le 8 octobre 2020, soit quatre ans après son enlèvement.
Sophie Pétronin était le dernier otage français au monde, mais le risque de kidnapping reste important pour les français détachés ou expatriés à l’étranger. Ce risque a été finement présenté et analysé dans l’édition du mois de mars 2017 du magazine Security Management qui publie un article intéressant sur le kidnapping et le secteur privé[1]. Étant toujours d’actualité, nous vous proposons ci-après un résumé des principaux éléments de cet article.
Qui sont les ravisseurs ?
85% des kidnapping sont perpétrés par des criminels. Il peut s’agir de gangs, de réseaux organisés, ou d’individus motivés par les difficultés économiques et la faiblesse des forces de l’ordre. Les cas de kidnapping par des groupes militants tels que Daesh sont minoritaires.
Où ont lieu les kidnappings ?
Les ravisseurs recherchent des lieux où il sera aisé de prendre la fuite après l’enlèvement. C’est pourquoi de nombreux kidnappings ont lieu dans les pays dont les frontières sont poreuses et où les forces de sécurité sont corrompues ou peu présentes. Il en est un exemple le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le risque de kidnapping est également très élevé dans les pays latino-américains.
Comment sont choisies les cibles ?
Alors qu’on pourrait croire que les étrangers sont la cible principale des ravisseurs, 97% des victimes de kidnapping sont en réalité des locaux. Néanmoins, si les ravisseurs sont motivés par des compensations financières, ils s’en prendront plutôt à des européens ‘fortunés’ (expatriés, européens en voyage d’affaire).
Le choix de la cible repose sur plusieurs critères.
Le premier est la richesse. Les ravisseurs vont chercher à maximiser les revenus tirés de chaque kidnapping. Pour cela, ils évaluent la richesse de leur cible à partir de son apparence :
· Vêtements, bijoux.
· Type de véhicule utilisé pour se déplacer.
· Lieu d’habitation (quartier résidentiel d’expatriés, hôtel de luxe).
· Lieu de travail (badge d’une grande entreprise, véhicule logoté).
Le deuxième critère est la facilité avec laquelle la cible pourra être enlevée. Il s’agit de trouver la faille qui permettra le kidnapping. Cette faille est très souvent présente dans la routine quotidienne, en particulier les trajets. Par exemple, de la maison ou de l’hôtel vers le lieu de travail ou vers l’école par exemple. 35% des kidnappings ont lieu à l’occasion de trajets du quotidien.
Enfin, un troisième critère peut peser dans le choix de la cible : son profil. Certains ravisseurs privilégient en effet les employés ayant un statut hiérarchique intermédiaire plutôt que le PDG. Le risque d’être arrêté est moins grand et les mesures de sécurité à déjouer seront moins importantes pour un employé intermédiaire.
Quelles sont les attentes des ravisseurs ?
Le kidnapping est souvent motivé par l’argent. Même si le paiement d’une rançon financière est la demande la plus répandue, les ravisseurs peuvent avoir d’autres requêtes. Les groupes militants demandent parfois la libération de prisonniers, la cessation d’attaque armée, le retrait des troupes ennemies. D’autres groupes souhaitent recevoir du matériel tel qu’un téléphone satellite, un véhicule ou des armes. Il arrive que leur requête soient moins directes. Elles peuvent par exemple être en lien avec une activité commerciale. L’objectif peut être de contraindre une entreprise à payer une facture due, ou de donner plus de poids à des revendications lors d’un conflit social.
Dans de rares cas, les objectifs peuvent être politiques.
Que peuvent apporter les sociétés spécialisées en cas de kidnapping ?
Dans certains États, les services de sécurité sont inefficaces en cas de kidnapping. Souvent désireuses d’employer la force tout en manquant d’entrainement, les forces de sécurité ne sont pas en mesure de permettre une libération en toute sécurité. De plus, il arrive que des enlèvements se fassent avec la complicité de membres des forces de l’ordre.
Les sociétés telles que CORPGUARD (https://www.corpguard.com/fr/assistance-a-la-negociation-et-remise-de-rancon-dans-un-pays-du-maghreb/), spécialisées dans la gestion de crise, n’ont qu’un seul objectif : parvenir à une libération la plus rapide et la plus sécurisée possible. Pour ce faire, ils s’appuient sur des compétences souvent acquises au sein de forces armées, sur de nombreuses années de pratique et sur un réseau de contacts présents à l’international et dans différents secteurs (administration, entreprises, services de santé).
Par ailleurs, la menace du kidnapping a été thématisé dans le documentaire « La Rançon », réalisé par Rémi Lainé (retrouvez ici la bande d’annonce : https://vimeo.com/231719344). David HORNUS, dans son rôle de membre de l’équipe de réaction rapide d’une solution assuranciel, explique que leur seul objectif est de sortir les personnes victimes de détention, vivantes d’une situation de crise.
Pourquoi se doter d’une police d’assurance risques spéciaux ?
Les polices d’assurance « Risques spéciaux » prennent en compte le risque de détention arbitraire ou illégale, de menace, d’extorsion, de disparition ainsi que de kidnapping. Ces polices prévoient l’intervention de sociétés ou de consultants spécialisés dans la gestion de ces risques, partenaires exclusifs de la société d’assurance. Cela permet de garantir une intervention rapide. Ils sont choisis pour leur indépendance et leur engagement à résoudre de la meilleure manière possible chaque cas de kidnapping. Ils fournissent un soutien précieux dans les zones où les services étatiques d’application de la loi et de gestion des crises sont insuffisants. Par ailleurs, ils ont l’obligation de respecter la volonté de la famille, de l’employeur ou de la victime.
Le recours à une police d’assurance permet de ne pas avoir à supporter le coût financier de leur intervention.
David Hornus
Sources :
Security Management, mars 2017, « Kidnapping and the private sector », Sebastian BOE, p. 50-56

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