Le risque d’attaques terroristes contre la France est à
son paroxysme
Le 16 octobre 2020, le professeur Samuel Paty s’est fait assassiner après avoir discuté des caricatures du prophète Mahomet dans un cours d’éthique. Trois autres attaques ont eu lieu le 29 octobre 2020 à Nice, Lyon et devant le consulat général de France en Arabie Saoudite à Djeddah. Il semblerait que le risque d’attentat est à son paroxysme tant en France qu’à l’étranger contre les institutions françaises.
Une situation sécuritaire nationale alarmante
Les attaques terroristes de ces derniers mois interviennent en pleine montée de colère au Moyen-Orient contre le président français Emmanuel Macron. Cette colère semble à la fois être le résultat de son discours au sujet du séparatisme et de la montée en tension des relations avec le président turque Recep Tayyip Erdoğan. Le soutien militaire turc de l’Azerbaïdjan contre les forces arméniennes pour le contrôle du Haut-Karabakh contribue à exacerber les tensions entre la France et le Moyen Orient.
Bien que ce n’est pas la première fois que la France est confrontée à des attaques terroristes islamiques, cette nouvelle éruption de violence est plus effrayante (https://www.lefigaro.fr/actualite-france/nice-une-attaque-a-l-arme-blanche-pres-de-l-eglise-notre-dame-20201029). En effet, la portée symbolique de la décapitation du professeur Paty et celle de l’attaque de fidèles chrétiens est alarmante. De plus, la logique de réaction qui s’est mise en mouvement après le discours de Macron en hommage à Samuel Paty a été instantanée et meurtrière.
État de la menace, typologie des cibles
Après les attaques terroristes du 29 octobre à Nice, Emmanuel Macron a annoncé que la France passera de 3000 à 7000 militaires dans le cadre de l’opération sentinelle. Ainsi, les lieux de culte et les écoles pourront être mieux protégés contre la menace terroriste imprévisible.
Le Figaro (https://www.lefigaro.fr/actualite-france/une-note-evoquait-depuis-dimanche-dernier-un-appel-islamiste-au-djihad-individuel-dans-les-eglises-20201029) a révélé l’existence d’un communiqué islamique publié par l’agence THABAT, qui appelle à des « attaques » contre les symboles de la chrétienté. Le document « appelle de façon explicite à commettre des actions visant notre pays dans le cadre du ‘djihad individuel’ ». Le Quotidien (https://www.quotidien-libre.fr/la-france-menacee-par-une-agence-proche-dal-qaida/) souligne que l’agence THABAT aurait même suggéré différents modes opératoires, comme les « attaques à l’arme blanche ou l’utilisation d’une voiture bélier contre la foule ».
Le scénarii envisagés par les institutions aujourd’hui est la possibilité de devoir affronter des attaques terroristes multiples et simultanées dont le déroulement serait Attentat/Sur-attentat/Exfiltration. L’objectif des terroristes étant non plus de mourir en « martyr » ou « inghimasi » comme il était question en 2015, mais bien de s’exfiltrer pour pouvoir recommencer. Les modes opératoires envisagés restent assez « conventionnels » : attaque en force par des assaillants nombreux et lourdement armés, ou des attaques simultanées sur plusieurs sites afin de déstabiliser les forces de l’ordre.
Les cibles visées aujourd’hui sont des lieux publics fortement vulnérables et exposées, par exemple :
· Les salles de spectacle.
· Les salles de concert.
· Les stades recevant du public.
· Les crèches.
· Les écoles et universités.
· Les centres commerciaux.
· Les Hôtels et sites touristiques.
· Les sites industriels.
· Les institutions chrétiennes.
· Les institutions et lieux représentant les valeurs des libertés fondamentales de la république française.
Conduite à tenir face à ces risques terroristes
Le risque zéro n’existe pas et rien n’empêchera des radicalisés de commettre un attentat. Face à cette situation sécuritaire, il ne s’agit plus seulement de chercher à se prémunir des attaques terroristes. Il faut désormais être en mesure de réagir quand elles se produisent en mettant à profit les « golden minutes » pour sauver des vies. Il est de la responsabilité de chacun de tout mettre en œuvre pour « Empêcher, Dissuader, Retarder, Protéger, Secourir, Sauver ».
A cette fin, les responsables d’emprises recevant du public devraient premièrement diligenter des audits de sûreté/sécurité afin de renforcer les procédures de contrôle et surveillance mais aussi de réaction.
De toute évidence il revient aux forces régaliennes le rôle d’Empêcher, de Dissuader et Retarder en assurant une surveillance périphérique des sites et une capacité d’intervention opérationnelle et de secours. Toutefois, il est de la responsabilité des acteurs privés d’assurer la protection périmétrique (le périmètre d’une entreprise est une zone privée). Ces acteurs ont les capacités méthodologiques et opérationnelles pour mettre en place des mesures de contrôle d’accès renforcées (portique, scanner, détecteur de métaux, fouille des individus et des véhicules).
Les évènements qui se sont déroulés en France lors de l’attaque terroriste du Bataclan le 13 novembre 2015 ont montré que la rapidité d’administration des premiers soins, apportés durant les « Golden minutes », permettait de sauver plus de vies. (Voir le Compte rendu de l’audition devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale du Commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris du 16.12.2015).
Aussi, afin de limiter les effets du scénario catastrophe, il convient d’envisager :
● La mise en place de zone de confinement permettant à des individus de rester cachés en attendant l’action des forces de sécurité.
● La création de zone de triage permettant de traiter des victimes multiples, blessées par armes de guerre et souffrant de poly-criblage, multiples blessures et d’hémorragies sévères (« massive blooding »).
● La mise à disposition des moyens de secours d’urgence afin de traiter des blessures par arme de guerre en attendant l’arrivée des secours (solutions hémostatiques de type STARSIL, pansements compressifs, garrots tourniquets, brancards souples…)
La formation des personnels et l’information des clients doit aussi être une priorité. De même la capacité, à terme, de disposer de gardes privés armés capables d’assurer en cas de catastrophe un dernier rempart avant l’intervention des forces de l’ordre.
David HORNUS
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